RELATIONS SOCIALES

Nouveau panorama de représentativité : la paix se travaille

Publié le 17 janvier 2018 à 13:12:12

La réforme des instances représentatives via le CSE n’a pas généré les tensions que de nombreux acteurs espéraient et prédisaient. J’avais déjà évoqué la paix comme sortie de phase et les faits m’ont donné raison. La paix est d’autant plus appréciable qu’aucune organisation syndicale n’était demandeuse de la réforme.

La paix se mérite et s’anticipe

Toute période de paix est une période de construction et d’innovation, alors que la pression génératrice de motivation est redescendue d’un cran. L’extrême danger dans la mise en œuvre du CSE est de revenir à la banalité et au train-train.
Une grande majorité d’élus aimerait que tout change, mais que rien ne change dans le même temps. Ils souhaitent profiter des négociations d’entreprise pour conserver le passé : suppléants en réunion, nombre de délégués, quotas d’heures, CHSCT... Le risque est que cette réforme ne devienne une réformette au nom d’une fausse paix sociale ou d’une paresse intellectuelle.
Les questions essentielles sont : que voulons-nous faire de cette paix ? Que voulons-nous transmettre à l’avenir ? Que devrions-nous construire pour une réciprocité plus vertueuse ?
Le moment est bien choisi pour définir une stratégie ambitieuse.

Les enjeux sont majeurs

L’entreprise doit en permanence réfléchir à sa performance et ne pas hésiter à se transformer. Elle a une opportunité avec ce nouveau CSE plus restreint, plus compétent, plus étoffé d’autorité. Il s’avère toutefois qu’il faudra avoir la majorité, ce qui pose le problème du panorama sorti des incontournables élections de 2018 ou 2019.
Le corps social ne s’intéresse pas à la réforme des instances, ce qui  explique que la guerre n’a pas eu lieu. Il comprend toutefois que de nombreuses dispositions peuvent se négocier même en deçà. Il entend parler de référendum à 30%. Il est évident qu’il aura un avis et une opinion. Il est prudent de ne pas la subir mais de l’anticiper.
Les mandats sont limités dans le temps, ce qui relève du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein. Nous pouvons voir des élus se cramponner à leur siège comme nous pouvons espérer de nouvelles vocations, un nouvel intérêt synonyme de montée en compétence. Il est urgent de décider de l’inflexion à donner et de travailler le parcours et la carrière.
Les questions sont nombreuses. Elles dépassent très largement le seul cadre de l’explication de texte. Elles portent une réflexion stratégique.
ADEIOS vous donne rendez-vous en mars 2018 pour un workshop « stratégie » avec des pointures de l’entreprise, DRH et PDG de grands groupes.

Illustration © Olivier Le Moal

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