RELATIONS SOCIALES

Ne laissons pas les syndicats en dehors de l'excellence opérationnelle

Publié le 16 mai 2013 à 12:22:22

La France se lamente de la perte de son industrie et de la baisse inexorable des emplois. L’un des syndicats les plus symboliques, la CFE-CGC, est passé sous le contrôle de la fédération des banques et des services. L’ANI ouvre timidement la voie à une survie des entreprises, à une nouvelle réciprocité et surtout à une ébauche de dialogue social.

J’ai rencontré, il y a peu de temps, Frédéric Goncalves, un véritable expert de l’excellence opérationnelle, un expert qui ne fait pas du Lean ou du Six Sigma, un expert qui dit que sa préoccupation est de remettre l’homme au cœur du processus de fabrication et de production en tant que co-constructeur, un expert qui dit que l’excellence opérationnelle libère le collaborateur et le fait grandir par un réel transfert de compétences ! Il ne s’agit pas d’un doux rêveur mais de quelqu’un qui a prouvé, par ses réussites et son approche. En l’écoutant, j’ai repensé à mes précédentes tribunes : il nous faut remettre les syndicats au cœur du processus.

Les syndicats, appuyés par les services de santé, broient de l’excellence opérationnelle à tout va

Aliénation, pression, harcèlement, abrutissement, tels sont les qualificatifs associés aux démarches de progrès et d’excellence opérationnelle. Les syndicats agitent le spectre de Charlot et des Temps Modernes et suspectent les entreprises de revenir au taylorisme. Les experts mandatés sur les RPS vilipendent les actions de Lean Manufacturing et arguent du fait que le salarié n’a plus le temps de souffler, de s’évader de son travail, de ne rien faire. L’actualité nous renvoie d’effroyables événements de suicide, de burn out, de dépressions. Les professionnels de santé font chorus et dénoncent l’inhumanisation des entreprises et des rapports au travail.

Il est vrai que les rapports sociaux se dégradent, que l’injustice organisationnelle nous guette et que la convivialité s’est estompée mais est-ce dû à la notion d’excellence opérationnelle ? Repensons aux compagnons du devoir, parlons à nos MOF, ils sont excellents et pratiquent l’excellence opérationnelle sans pour autant la subir comme une contrainte totale.
L’excellence opérationnelle est une chance de revitaliser notre industrie et de recouvrer nos emplois sous réserve que tous les acteurs sociaux s’en emparent.

Les partenaires sociaux sont légitimes pour faire de l’excellence opérationnelle tout autant que les directions

Il est du mandat des IRP (CE, DP, CHSCT) et des OS (négociations collectives) de contribuer au développement de l’entreprise, de veiller à son évolution et de s’assurer que la réciprocité soit bien au rendez-vous du contrat qui lie et liera l’entreprise et son corps social.

L’excellence opérationnelle est la vision de l’entreprise de demain, entreprise performante de par ses résultats obtenus, de par la satisfaction de ses clients, et de la part la qualité de vie au travail de ses salariés. L’excellence opérationnelle réinvente les façons de travailler comme elle réinvente les façons de manager, les modes de vie au travail et comme elle peut redessiner les relations et le dialogue social.

Nous devons former nos partenaires sociaux à l’excellence opérationnelle et pas seulement les informer, nous devons leur réserver des plages de réflexion, de co-construction, nous devons appliquer l’excellence opérationnelle au dialogue social, nous devons reconnaître leurs parcours en y intégrant l’excellence opérationnelle. Le sujet, a priori sensible, des RPS n’est pas qu’à charge et défensif, il peut donner lieu à une réflexion positive sur l’amélioration des organisations du travail, des charges et modes, des lieux sociaux et l’excellence opérationnelle peut devenir un support de concertation, de négociation, de construction.

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