RELATIONS SOCIALES

Jean-Claude Ancelet a présidé un colloque avec Pierre Bérégovoy sur la retraite à 60 ans

Publié le 10 octobre 2012 à 16:14:14

Le projet de réforme de la retraite tel qu’il est soumis au Parlement a ravivé des souvenirs chez Jean-Claude Ancelet qui n’oubliera pas ce colloque au Palais des Congrès de Paris, en 1982, devant 700 DRH et dirigeants, et en présence de Pierre Bérégovoy, alors Ministre des Affaires Sociales.

ADEIOS Le Blog : Pourquoi ce colloque et que faisiez-vous à l’époque ?
Jean-Claude Ancelet : Je venais de créer ma structure de consulting et j’en étais aux premiers balbutiements. Précédemment, j’avais travaillé dans des Caisses de Retraite Complémentaire de Cadres comme chargé des relations avec les entreprises. J’avais eu la chance d’être formé par un actuaire réputé sur le Régime par Répartition. Il était tout naturel que j’ai l’idée de monter un colloque sur le thème de la nouvelle retraite à 60 ans. Et c’est là que tout s’est emballé. J’avais envisagé de réunir 50 participants et au fil des journées, le nombre a augmenté pour atteindre 700 personnes et la location d’un amphi au Palais des Congrès !
Tous les acteurs principaux du sujet étaient présents : les patrons de la CNAVTS, de l’ARRCO, de l’AGIRC, Monsieur Menu, Président de la CGC, des leaders syndicaux et… Monsieur Pierre Bérégovoy qui est resté trois heures.

A. : Avez-vous gardé des souvenirs de ce moment ?
JCA. : Oh oui, et des croustillants ! J’avais 27 ans et je débutais comme consultant. J’ai en mémoire la colère tonitruante de Monsieur Menu qui menaçait de faire descendre les cadres dans la rue si le Gouvernement touchait au Régime de Retraite des Cadres. J’avais, aussi, été impressionné par la maîtrise de Monsieur Bérégovoy et par sa forte conviction de porter une réforme juste et équitable.

A. : Quelle est votre position sur le débat en cours ?
JCA. : Je pense qu’il y a deux sujets distincts. L’un est celui de l’équilibre financier d’un système dont nous pouvons être fiers mais qui ne correspond plus aux critères démographiques de demain. Je rappelle que le Régime par Répartition est, en fait, un Régime de Capitalisation avec un taux de couverture égal à zéro. Il a été créé en 1947 à un moment où l’inflation monstrueuse avait réduit à néant les réserves constituées. Il supposait toutefois que des actifs, plus nombreux que les retraités, l’alimentent.
L’autre sujet est celui de la représentation qu’un salarié se fait du travail accompli, de ce qu’il doit à l’entreprise et à la société et de ce qu’il veut faire de sa vie intime. Les codes ont énormément changé et rien ne dit que la vie au travail soit la référence majeure.

A. : Comment percevez-vous les réactions sur ce sujet ?
JCA. : Monsieur Balladur avait dit que les 35 heures seraient une révolution sociologique. Personne ne l’a écouté et, pourtant, cela a été le cas ! L’impact a eu lieu, essentiellement, chez les cadres qui se sont réveillés « ouvriers » et qui ont découvert les attraits du sociétal. Je pressens que cette réforme des retraites aura le même impact d’autant plus que nous ne savons pas utiliser, positivement, un senior et que l’âge est encore un critère de discrimination.
La question va être celle de l’évolution des paradigmes personnels et de l’effort supplémentaire à consentir alors que la limite a été visualisée.
C’est très psychologique car la question de la réciprocité se pose de nouveau. Je ne crois pas que le Gouvernement, à l’instar de celui des 35 heures, ait estimé cet aspect sociologique. Il me semble pertinent d’aller sonder les ressentis et d’adapter une stratégie d’employabilité propre à ce sujet.

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