RELATIONS SOCIALES

Le 1er mai arrive : allons cueillir le dialogue social nouveau

Publié le 30 avril 2014 à 13:56:56

Nous sortons, à peine, d’une période très chargée en tensions politiques, en mots forts : pacte de responsabilité, pacte de solidarité… très chargée en votes sanctions, en remaniements de tous ordres. Nous en sortons pour replonger dans des abîmes de suspicion vis-à-vis de l’Europe… Et dans tout cela, notre 1er Mai… une fleur fanée, une fleur non éclose, une fleur qui s’épanouit aux premiers rayons de soleil ?

Cette fleur est le dialogue social et elle est fragile, préservons la !

Je milite inlassablement depuis de nombreuses années pour que nos entreprises restaurent des collectifs de travail et j’en veux pour motivation, l’appétence des jeunes générations pour la coconstruction, la collaboration, le positivisme, la connexion relationnelle permanente. Je ne rêve pas des  collectifs d’appartenance d’antan car ils sont peut-être trop coûteux et notre besoin d’autonomie est plus fort que notre acceptation de dépendance. Je honnis les collectifs de résistance, certes indispensables dans certaines situations mais dont la fossilisation confine au néant, au nihilisme, à la castration. Ils ne font que raviver nos travers ataviques et historiques de corporatisme et de culture réticulaire, et voilà que l’Europe est la cause de tous nos maux et qu’il faut rompre le dialogue avec elle !

Un bon collectif est un collectif où le dialogue social est une vertu cardinale

Un collectif, quel qu’il soit, ne survit que s’il est capable d’imaginer son avenir et son destin et que si ses membres parviennent à fluidifier leurs ressentis, tensions, attentes, frustrations en les exposant et les confrontant pour les traiter. Il peut se structurer autour de la relation entre l’autorité du collectif et une représentation de ses membres. Mais que penser de situations où des joueurs disent ne pas avoir eu d’explications de leurs sélectionneurs, s’expriment dans la presse pour revendiquer un autre poste ou des chefs de services profitent d’un mini débrayage afférent à des NAO* pour marquer leur désarroi devant une charge de travail trop lourde ?

Le dialogue social n’est pas que la relation d’une direction avec les partenaires sociaux. Ces derniers sont indispensables et fondamentaux, ils ont des prérogatives à consolider voire à renforcer mais ils nous interpellent quand ils vont systématiquement « consulter la base » alors qu’ils ont un mandat. Nous avons tous été éduqués dans l’observance stricte de l’autorégulation, ce réflexe qui consiste à connaître les limites, à peser le pour et le contre, à ne pas demander n’importe quoi parce que cela n’est pas possible ou correct. L’autorégulation naturelle, génétique, spontanée est morte mais il faut en recoconstruire une et cela passe par la qualité et la densité du dialogue social.

Découvrez-vous d’un fil, avril est bientôt derrière nous

Nos politiques évoquent, dans tous les débats post-élections, leur engagement à être à l’écoute des gens qui souffrent. Leur vision des gens qui souffrent est réductrice et dogmatique et ils répondent par des incantations et des principes de classe. Les citoyens n’en ont que faire et encore moins les salariés. Ces derniers ne veulent pas, à quelques exceptions intéressantes près, le grand soir. Ils veulent contribuer à la construction de leur avenir, de celui de leur entreprise, à l’élaboration d’une bonne et juste réciprocité.

La cogestion, fleur insidieuse de nos années étudiantes ne les effleure pas. Le cadre de référence relève du pouvoir régalien de l’entreprise. Les salariés aimeraient, et demain ils l’exigeront, être réellement sollicités dans la mise en œuvre.

Le moment m’apparaît venu d’ouvrir le dialogue social, social car généré par une organisation et un intérêt, à tous les niveaux, à tous les sujets, à tous les moments. Le dialogue inventif, convivial, positif ne saurait remettre en cause la hiérarchie et l’organisation. Il est vif, printanier, pluriel comme notre bon muguet. Il pousse partout, n’est pas pérenne mais revient inexorablement.

Allons cueillir le dialogue social nouveau !



* Négociations Annuelles Obligatoires

 

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