RELATIONS SOCIALES

Les Français sont peu syndiqués, mais ils votent en masse

Publié le 27 février 2015 à 14:25:25

Les élections professionnelles au sein des entreprises ne font pas partie des sujets de conversation usuels sauf lorsque l’avenir d’un patron de confédération semble s’écrire en pointillés. Elles sont pourtant stratégiques et leurs impacts peuvent être majeurs.

 

La négociation sur l’abaissement de seuils sociaux a occupé les médias en cette fin d’année 2014. Il y va de la représentation sociale en France et notamment de ce que cela occasionnera pour les PME et les TPE. Les élections dans la fonction publique ont également fait tourner les rotatives comme les élections dans les grandes entreprises françaises.

L’élection professionnelle est lourde d’enjeux et d’impacts

La loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale a révolutionné la notion de représentativité d’une organisation syndicale en envoyant aux oubliettes la notion d’irréfragabilité qui datait de l’époque de la Libération. Tous les quatre ans, les organisations syndicales se comptent au travers des résultats des élections professionnelles. Le prochain décompte aura lieu en 2017 et dira si le paysage de représentativité actuelle (CGT, FO, CFDT, CGC, CFTC) a évolué. Ce paysage semble immuable mais il est crucial. Il suffit de se rappeler que l’ANI (Accord National Interprofessionnel) a été signé par trois organisations syndicales représentatives et ayant plus de 30%, et que les organisations syndicales n’ayant pas signé n’ont pu s’y opposer car n’ayant pas atteint la majorité (CGC + CFTC + CFDT contre CGT + FO).

Les entreprises votent tous les quatre ans (dérogation à l’unanimité pour revenir à deux ou trois ans) et cet événement génère des conséquences essentielles et potentiellement lourdes : contribution du CE voire du CCE – représentativité des organisations syndicales – conditions de signatures des accords – gestion de la dotation aux œuvres sociales – constitution du CHSCT – climat social – concertation – accompagnement des projets des entreprises…

L’élection est un acte fort de la vie d’une entreprise au sens où le taux de participation est d’environ 63% en France, où le vote se fait sur le temps de travail, où le vote électronique essaie de s’implanter et où l’organisation est digne des élections d’un maire d’une ville.

Le vote est symbolique du climat social et de l’état d’esprit des salariés

L’élection fait partie des impacts qui résultent de l’alchimie s’opérant entre le système culturel d’une entreprise et son système des acteurs. Elle a la même valeur que l’absentéisme et le niveau d’engagement, et mesure l’état d’esprit du corps social.

Les salariés ont l’occasion de s’exprimer au travers de ces élections et leurs votes sont traditionnellement formatés autour des positions de sanction, de prévention, de consolidation, de conviction, d’émotion. Ces cinq familles se répètent de façon inexorable et leur variabilité symbolise la relation entre l’entreprise et son corps social ainsi que la valeur du dialogue social.

J’observe avec beaucoup d’intérêt et d’esprit analytique les élections professionnelles depuis plus de vingt ans et je constate qu’elles ont pesé fortement sur la performance des entreprises, le bien-être des salariés et la question des réformes au niveau de la nation française. Il m’apparaît également que ce sujet est méconnu ou réservé à des « spécialistes » alors qu’il fait partie des thèmes fondateurs de la performance sociale.

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