RELATIONS SOCIALES

La dialectique de grand-papa est de retour

Publié le 06 octobre 2015 à 11:49:49

La bonne vieille nostalgie si chère à nos paradigmes me fait me souvenir des formations dialectiques que je dispensais avant la chute du Mur de Berlin, à une époque où la France sociale et syndicale épousait les principes de la Guerre Froide et du confit est-ouest.
Serions-nous revenus à ces temps glaciaires pour oser réanimer la dialectique dialecticienne ?

Le temps évoqué était celui où les entreprises désiraient renforcer leur leadership de la parole et contrer des affirmations et informations qui paraissaient fallacieuses et dénuées de sens. L’objectif était de répondre aux techniques d’argumentation utilisées par certains acteurs sociaux, techniques dont les plus emblématiques remontaient à la structuration de l’Armée Rouge par Trotski !

Le temps nouveau est celui de la mise en cause permanente et de la fin de l’autorégulation

Deux phénomènes récents convergent pour redonner de la pertinence à la dialectique :
Les réseaux sociaux font partie de notre ère moderne et, de fait, sont légitimes de par leur exploitation d’un nouveau capital de différenciation : le capital social. Ils véhiculent toutefois le principe de la remise en cause systématique des informations, affirmations, déclarations. Le grand complot et le doute permanent sont monnaie courante et aucune autorité n’est à l’abri d’une contestation, d’une personnalisation abusive, d’une attaque en règle.
L’autorégulation, c’est-à-dire la capacité atavique à peser le pour et le contre, à réguler et compenser, à relativiser n’est qu’un lointain souvent. Les informations captées sont prises « argent comptant » et déclenchent de plus en plus des frustrations et des sentiments d’injustice propices à des mouvements sporadiques d’humeur et de conflit.

L’argumentation prendra le pas sur l’information

La nouvelle génération ne s’appelle pas Y pour rien (Pourquoi ? = Why ? = Y). Elle réfute toutes les vérités qui ne sont pas siennes. Tout est sur les réseaux sociaux, de la plus petite et sectorielle information de village à la position d’un premier ministre qui se laisse aller à ses passions footballistiques. Les retraites chapeaux font les délices de nos bonnets rouges en herbe et nos places publiques sont aux mains des « Indignés » !
Notre époque est et sera celle du sens à donner, de la justification et de l’explication. Elle sera celle des arguments, des réponses aux « Pourquoi » et en fait des convictions.
Des managers, voire nous-mêmes, sont confrontés à des informations paraissant volatiles, contradictoires, et nous devons faire avec. Il nous faut rétablir des logiques et contribuer à refonder une autorégulation. Le débat permanent réintègre les pratiques sociales et managériales. Il est acte de considération et de respect. Il provoque l’écoute et permet de construire.

À ce titre, la dialectique, sous réserve de la relooker et de la rénover, reprend ses vertus initiales. Elle ménage les susceptibilités, apporte de la hauteur et rééquilibre la relation interpersonnelle. La dialectique se vit au quotidien de l’entreprise voire au quotidien de la vie éducative, associative, parentale.

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