RELATIONS SOCIALES

Le choc des images... Le choc des images

Publié le 30 novembre 2015 à 12:25:25

L’image d’un DRH « sans chemise et à califourchon sur une grille » a fait la une des médias, a fait le tour du monde, a monopolisé les réactions des réseaux sociaux. Que faut-il en tirer comme enseignements ? Faut-il gloser sur l’état déliquescent de la relation sociale ? Faut-il craindre l’explosion des violences physiques et verbales ? Faut-il regretter l’impact des réseaux sociaux ?

La relation sociale est en danger de mort !

La relation sociale est la mise en œuvre réciproque du contrat de travail et augure des liens vertueux qui font que les deux parties contribuent à ce que l’engagement débouche sur la performance aux yeux de chaque partie. Cette relation a toujours été agitée et a connu des moments de fortes tensions verbales et physiques. Elle a, néanmoins, abouti à des consensus qui faisaient progresser le contrat ou, du moins, permettaient à chaque partie de s’en sortir avec dignité.
La tendance actuelle est au mode tribunitien. Cette sensibilité que nous avons découverte lors de l’apparition de SUD privilégie la dénonciation de l’injustice, le rejet du consensus, la réaction immédiate et viscérale. L’action prime la réflexion et la construction. Le mode tribunitien est accéléré par la fin de l’autorégulation, à savoir ce lien culturel atavique qui fait mettre en perspective les éléments et nous conduit à peser le pour et le contre.
Il en résulte que les corporatismes, liés au repli sur soi et à la défense de ses propres intérêts et avantages, vont de nouveau fleurir et se développer. Or la France crève de ces corporatismes mesquins, à courte vue. Ils nous plombent vis-à-vis des autres pays et rabougrissent l’être humain qui ne s’ouvre pas et ne cherche pas à profiter d’apports croisés et réciproques.

Un nouveau pacte social est à construire !

Il ne peut pas y avoir de société pérenne et dynamique sans que des liens de confiance et de réciprocité ne lient ses membres entre eux. L’une des conditions est qu’une forme d’autorégulation, librement et consciemment acceptée, se remette en place. Cela passe par l’appropriation culturelle de l’interdit individuel et collectif et par des processus relationnels qui instaurent des limites à éviter d’atteindre ou de franchir.
Le pacte social met en musique cette autorégulation. Il redonne de la vertu à l’interdit mais il va plus loin. Il laisse de la place à la coconstruction d’un futur acceptable, à la progression du contrat dans un souci de bénéfice réciproque et équitable. Il réhabilite la notion de la dualité du contrat, revivifie le paritanisme.

La donnée d’entrée en est la relation sociale que doit être codifiée, pesée tant en actes qu’en paroles.
L’entreprise libérée risque d’être de plus en plus prisonnière de ses instincts et pulsions or, comme le présentait Jean-Jacques Rousseau, la liberté individuelle s'arrête où commence la liberté collective. 

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