RELATIONS SOCIALES

Dossier spécial : Les élections présidentielles de 2012

Publié le 10 octobre 2012 à 17:10:10

La relation sociale

Une opinion

Madame Eva Joly rêve d’un syndicalisme à l’allemande dans une logique de cogestion ou du moins de partage des responsabilités et de co-construction. Elle souhaite réhabiliter le droit d’expression des salariés issu des lois Auroux de 1981, lois concoctées par une certaine… Martine Aubry.

Notre réflexion

La relation sociale est autant la relation avec les partenaires sociaux que la relation avec le corps social. Il s’agit du domaine de la représentation et de ses deux lectures possibles.
La représentation en sa qualité de paradigme du salarié, c’est-à-dire sa vision de l’entreprise où il travaille, sa perception de son rôle et de l’engagement qu’il assume et son ressenti de la réciprocité à créer. Les lois Auroux sont obsolètes mais le principe de l’évacuation des ressentis, de la communication directe, de la « purge » du corps social est de plus en plus stratégique. L’entreprise doit régulièrement peser sa population (catégories, jeunes, seniors, cols blancs, cols bleus) comme un sous-marin se pèse (comparaison des ballasts avec la poussée d’Archimède) avant de partir en campagne. Il faut pratiquer les moments d’écoute, de climat social, d’échanges basés sur des verbatim par préférence aux méthodes statistiques mais toujours mettre le groupe pesé en perspective de son engagement et de ses idées.
La représentation comme étant celle institutionnalisée des partenaires sociaux censés être représentatifs du corps social. Notre pays souffre des origines conflictuelles et des aspects guerriers et idéologiques du panorama syndical. « On a les syndicats qu’on mérite ». Il faut reconnaître que nous ne méritons pas grand-chose. Il est symbolique de constater, par exemple, qu’ils sont tous, véritablement tous, en rejet du Lean et de l’amélioration continue : retour au taylorisme, aliénation mentale, risques psychosociaux, perte d’autonomie. La loi de 2008 a complexifié le sujet en instaurant le principe d’un récurrent changement de leadership.
Nous devons prendre le thème à bras le corps et être novateurs : université de la relation sociale, représentation du personnel dans le parcours professionnel, possibilité de voir des salariés étrangers représenter des salariés d’un pays qui n’est pas le leur, co-construction de pactes sociaux…


L’emploi

Une opinion

Monsieur François HOLLANDE veut ramener des productions en France et veut pénaliser les entreprises qui délocalisent. À l’instar des autres candidats, il refuse les plans sociaux et autres formules connexes. Il veut faire produire en France. Il adresse son discours aux grandes entreprises.

Notre réflexion

Il est toujours sidérant d’entendre parler du coût du travail en France et de lire que de nombreux organismes internationaux placent la France dans le peloton de tête de la productivité du salarié. Il n’est d’ailleurs qu’à s’intéresser à nos PME-PMI pour constater que produire en France n’est pas qu’un handicap.
De nombreux moyens existent pour restaurer l’emploi et le faire dans une logique de performance de nos entreprises :

  • L’apprentissage de tous niveaux et métiers qui permet d’ancrer les jeunes dans le collectif de l’entreprise et ainsi préparer et construire leur futur niveau d’engagement.
  • L’amélioration continue qui, si elle est pratiquée dans l’esprit de sa philosophie générique et non comme application d’outils, est une source de performance, de maîtrise des entreprises et donc d’emplois.
  • La GPEC (Gestion Prévisionnel des Emplois et Compétences), point intéressant de la loi Borloo de 2005, mais crainte par les syndicats car assimilée à un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi), et traitée avec légèreté par les entreprises. Or la GPEC est la voie, celle qui restera et s’imposera aux PSE. Elle est intelligente et efficace. Nous devons la réinstaller avec conviction et envie. Elle peut être, de plus, un extraordinaire support du dialogue social.

Le pouvoir d’achat

Une opinion

Monsieur Nicolas Sarkozy rappelle qu’il faut travailler plus et dépenser moins. Il ne s’agit plus de gagner plus mais l’idée de dépenser moins l’amène à évoquer le logement et la facilité d’accession à tous dont les bas revenus.

Notre réflexion

Les NAO ou négociations salariales 2011 et 2012 démontrent que le corps social se crispe, s’indigne du manque de réciprocité à ses efforts et n’a même plus besoin des syndicats pour s’ébrouer. Les jeunes parlent au nom de l’équité et entrainent les anciens en évoquant les retraites. Ce sujet sera le thème des prochaines années sous l’angle du pacte social et du « gagnant-gagnant » voire « donnant-donnant ». Des pistes sont à explorer :

  • La démonétarisation de la réciprocité et de la reconnaissance.
  • La révision en les aérant, par entreprise, des grilles de classifications et l’intégration de la réciprocité engagement - performance entreprise voire de l’amélioration continue dans les classifications.
  • La refondation du contenu et de la gestion des œuvres sociales des comités d’entreprises vers une notion de services et de pouvoir d’achat induit.
  • Le positionnement des entreprises dans l’équilibre vie privée / vie professionnelle.
  • Le développement de l’employabilité des collaborateurs pour développer leur pouvoir vivre.

L’environnement

Une opinion

Monsieur François Bayrou veut encourager le comportement responsable des grandes entreprises et institutionnaliser des normes comptables, des audits indépendants, une réforme de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), une refonte environnementale de la TVA et une révision ad hoc des tranches d’impôts.

Notre réflexion

L’environnement, l’écologie, le développement durable ne sont pas des lubies et des effets de mode. Il est sidérant de constater qu’en mai 2010, mille jeunes japonais interrogés (de 19 à 28 ans) disaient craindre pour leur pays une catastrophe écologique. L’entreprise sera de plus en plus jugée et appréciée sur son éthique en la matière. Il faut se rappeler que nos futurs collaborateurs des générations à venir ne sont plus en autorégulation. Il n’acceptent plus, contraints et forcés, au nom d’un raisonnement inspiré du « Je mets mon mouchoir par-dessus car j’en profite ». Ils sont dans la co-construction et donc prêts à apprendre à condition qu’ils aident à apprendre. L’environnement dans son acceptation globale est une façon efficace d’intégrer les réseaux sociaux à l’entreprise. Nous ne pensons pas réhabiliter le paternalisme quand nous évoquons de la co-construction sur des projets environnementaux, sur de l’humanitaire, sur du développement durable, sur les handicaps, sur des hobbies, sur de la réhabilitation de patrimoine, sur de l’économie d’énergie, sur du cadre de vie au travail, sur la convivialité…


La retraite

Une opinion

Madame Marine Le Pen rappelle la nécessité d’organiser la solidarité entre les générations. Elle prône la nécessité de revenir à l’âge légal de 60 ans, et au principe de quarante annuités de cotisation. Elle pense que, par secteur, des dérogations à la règle des 60 ans, peuvent être négociées. Elle demande à ce que les régimes généraux et complémentaires soient unifiés et clarifiés.

Notre réflexion

Le sujet m’évoque des souvenirs. J’ai commencé ma carrière comme responsable des relations extérieures d’une Caisse de Cadres et donc au fait de l’actuariat. J’ai retrouvé des textes du CNR (Conseil National de la Résistance) évoquant un seul régime de retraites pour tous comme une seule sécurité sociale et une seule agence pour l’emploi !! Le rêve de reconstruction est passé. Je me remémore le colloque organisé en 1982 avec Pierre Bérégovoy sur la retraite à 60 ans. L’envolée lyrique est passée. L’enquête de 2010 sur 37 000 jeunes de 25 pays dit que les jeunes français sont ceux qui sont les plus véhéments dans le fait de ne pas assumer la retraite de leurs parents !! L’âge de la retraite pour une entreprise évoque le principe d’utilisation de la compétence et celui du niveau d’engagement. Les accords sur les seniors et la sécurisation des deuxièmes parties de carrière sont plus des cautères qu’autre chose. Les thèmes qui en découlent sont sensibles et cruciaux :

  • Faire travailler ensemble jeunes et seniors alors que le fossé se creuse.
  • Pratiquer le mentorat et le parrainage sans se limiter au seul principe qu’un ancien qui quitte son emploi forme son successeur.
  • Créer des parcours de professionnalisation pour des personnes à grande ancienneté dans un même poste et retour à des compétences génériques voire génétiques avec une notion de mobilité interne et externe.
  • Négocier des systèmes qui permettraient de capitaliser un recours à un départ anticipé et financé en partie.
  • Réviser la conception de l’engagement physique et mental d’un plus de 40 ans.

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