RELATIONS SOCIALES

Où va le syndicalisme ? Pourvu que ce ne soit pas dans le mur !

Publié le 02 août 2016 à 13:24:24

Les tensions actuelles vécues par le pays et le raidissement d’une organisation syndicale alertent et inquiètent. Certains reparlent de grand soir et de cataclysme social. Est-ce l’apocalypse, le chant du cygne ou les prémices d’un possible renouveau ?

La fin de l’autorégulation symbolise le malaise actuellement vécu

Les anciens spécialistes rappellent l’époque où de telles postures radicales étaient de mise : occupations sauvages, séquestrations, détériorations, poubelles, transports, dépôts d’essence. Les plus jeunes sont interpellés et sont profondément déstabilisés et inquiets. D’autres crient, sans aucune retenue, au terrorisme et n’hésitent pas à brouiller dangereusement les références et valeurs.
Je ne pense pas que cela soit un simple retour au passé et à l’anarchosyndicalisme. L’évolution est plus profonde et elle m’inquiète. Je martèle, depuis des mois et à chaque occasion, que l’autorégulation est en panne et en voie de disparation. Nous sommes habitués à ce que chacun connaisse les limites à ne pas franchir, sache se pondérer, soit capable de relativiser et de mettre en perspective. Maurice Thorez disait : « Il faut savoir terminer une grève » !
Je dis que ce phénomène caractérise notre époque et nos mœurs. Les jeunes le vivent tout en sachant qu’ils sont impulsés par les réseaux sociaux qui font sauter les barrières et les interdits.
Une simple expression d’une simple personne, expression de révolte et d’indignation peut embrasser un groupe si elle est bien relayée et amplifiée. Certains acteurs sociaux surfent peut-être sur la vague mais le mal est plus profond et plus sociologique.

L’État a perdu ses vertus collectives, heureusement qu’il y a l’entreprise

Le constat que j’ai, déjà, partagé sur Focus RH est que l’individu prend le pas sur la pensée collective. Cette dernière s’est délitée au fil de l’individualisme. Cela vaut également pour les organisations syndicales au sein desquelles le jeu personnel d’individus en quête de pouvoir, de reconnaissance, d’ego supplante les capacités fédératrices et normatives des instances initiales.
L’État français est pris dans des querelles intestines des surenchères politiques, les turbulences européennes, les déstabilisations intégristes. Il a abandonné son pouvoir régalien d’autorégulation, la preuve en est qu’il s’en remet aux hypothétiques bienfaits de l’Euro 2016.
L’entreprise n’a pas chu. Elle a conservé ses valeurs collectives voire les a renforcées car c’es la seule solution pour être performante. Elle subit les affres des vicissitudes actuelles sans pour autant tomber dans le chaos interne.
Cet exemple doit être la voie que doivent suivre les organisations syndicales et tous les acteurs sociaux doivent s’employer à aider les OS locales à refonder leur collectif autour de valeurs, d’un projet, d’un cadre, d’une démarche de coconstruction et d’un renouvellement de ses militants et forces vives.

Le syndicalisme n’ira pas dans le mur si nous en faisons une priorité et si nous nous sentons concernés au lieu de le vouer aux gémonies !

Photo : © scandinaviastock

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