RELATIONS SOCIALES

Entreprises, incitez vos salariés à assumer un mandat de représentation du personnel !

Publié le 01 mars 2017 à 11:52:52

La France vit un paradoxe permanent. Les syndicats sont très fortement décriés et les Français sont réputés être les Européens les moins syndiqués. Inversement et même compte tenu des effets Rebsamen, l’appareillage en représentants du personnel est l’un des plus conséquents d’Europe.

La loi Travail institue des nouveautés que l’aventure présidentielle de 2017 ne devrait pas remettre en question. Des accords ne seront jugés valides que si les signataires (ou le signataire) ont obtenu plus de 50% des suffrages exprimés au premier tour des élections CE. Dans la même veine, une organisation ayant eu 30% peut exiger qu’un référendum s’organise.
Le choix fait par les salariés lors du vote devient plus stratégique et crucial. Ils devraient moins éclater leur vote. Il en résulte que les candidats ont besoin d’être crédibles, représentatifs et attractifs.

L’engagement vis-à-vis des missions de représentation est en nette stagnation

Les salariés ne s’engagent plus ou moins et les raisons en sont multiples et foisonnantes :

  • Le salarié accepterait d’être représentant mais il ne veut pas être syndiqué.
  • Le salarié craint que son engagement brise sa carrière et le disqualifie.
  • Le salarié ne se sent pas valorisé par l’image des représentants actuellement en place.
  • Le salarié considère qu’il aura des difficultés à y consacrer du temps.
  • Le salarié pense que les moyens modernes de communication lui permettent de porter son expression.
  • Le salarié ignore totalement les tenants et aboutissants de la représentation du personnel.
  • Le salarié est resté sur l’hystérie développée lors de la loi Travail.
  • Le salarié est nostalgique par anticipation d’un système qu’il idéalise : le système allemand.

L’engagement dans la représentation du personnel est une voie vertueuse d’avenir et d’accomplissement

Le propos n’est pas l’engagement syndical même s’il faut être porté par une OS pour être présent au premier tour et si le « sans étiquette » est moins courant qu’avant.
L’ambition est de redonner envie à des salariés des trois collèges de s’engager dans le processus de représentation de leurs collègues. Les bonnes raisons en sont légion :

  • Les enjeux futurs sont tout autant cruciaux pour les salariés que pour les entreprises.
  • Le dialogue social et la négociation seront de plus en plus recentrés sur les entreprises.
  • La réciprocité vertueuse entre l’entreprise et le salarié est portée essentiellement par le dialogue social.
  • Les sujets traités sont passionnants : stratégie, organisation, qualité de vie au travail, emplois et compétences, développement personnel, reconnaissance, apprentissage, environnement, éthique.
  • Les mandats (CE, DP, CHSCT) sont variés et sont de nature à satisfaire toutes sortes de profils : économique, empathique, méthodologique, procédurier, visionnaire, régulateur...
  • Les nouvelles dispositions (Rebsamen et El Khomri) reconnaissent le parcours de représentant du personnel et le valorisant en termes de carrière.
  • La représentation est une chance considérable de se développer à titre personnel de par les rencontres réalisées, les connaissances acquises, la mission à exercer, les remises en question permanente sur le savoir-être et la posture en se faisant coacher.
  • L’engagement n’est pas forcément définitif. Il peut être un moment formateur et fondateur dans une carrière et se limiter à deux mandatures.

L’entreprise ne doit pas subir et laisser faire. Elle doit susciter l’envie en éclairant les salariés sur les enjeux et leurs modalités. Elle doit garantir à chaque salarié intéressé qu’il peut le faire en tout respect, toute sécurité et de façon honnête et vertueuse. Elle doit proposer à ses partenaires sociaux un cadre robuste qui favorise cet engagement.

Illustration : © D-Plume

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