MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

La co-construction... une clé de performance pour une entreprise

Publié le 02 novembre 2012 à 11:08:08

Ce terme, il faut le reconnaître, ne séduit pas et évoque peu de choses. Au mieux, il induit la notion de partage et de collaboration. Il sera, toutefois à moyen terme, un processus incontournable pour une entreprise désireuse de s’adapter à son environnement, de développer son agilité voire de se réinventer.

La co-construction est attachée à la Génération Y et plus particulièrement à sa frange la plus jeune, celle que les Canadiens baptisent « C ». Elle remplacera, en termes d’intensité et d’atavisme, le principe qui a rythmé la vie des babyboomers et de leurs enfants : l’autorégulation. Nous avons vécu et managé en pensant que l’être humain se régulait automatiquement dans ses postures, car il connaissait les limites, il ne franchissait pas les bornes et réfléchissait avant d’agir. Ce temps est et sera de plus en plus révolu car les jeunes ne la pratiquent plus et ne l’acceptent plus. Ils estiment que cette autorégulation n’a pas été, au niveau de leur parents, récompensée et reconnue.

La co-construction émerge depuis quelques années et se définit chez ses promoteurs, les « jeunes – jeunes », comme la volonté de se développer personnellement en recevant le soutien et l’aide d’une tierce personne sous réserve de contribuer, en réciprocité, au développement de cette tierce personne.
Un exemple est donné par les réseaux sociaux qui s’appuient sur ce concept et le vivent réellement. Dans cette optique, une étude menée en 2010 aux Etats-Unis a démontré que les réseaux sociaux, contrairement aux idées reçues, favorisaient le lien social et la cohésion sociale.
La co-construction consiste à intégrer le référentiel de l’autre et à permettre à ce dernier d’intégrer son propre référentiel pour aller chercher les paradigmes qui sublimeront les siens propres et aboutiront à une production concrète et efficiente. Il s’agit bien de construire un « objet » visible, mesurable et vivant. Le préfixe « co » ne signifie pas une simple collaboration et encore moins une participation à plusieurs. Elle implique qu’un collectif durable ou de cohérence va, en tant que « personne morale » faire aboutir un projet.

Pour réussir, un processus de co-construction suppose que des critères incontournables soient requis :

  • Appel indispensable au volontariat
  • Existence d’un cadre de référence du projet : deal et réciprocité - valeurs porteuses - forme du leadership - cadre de vie dans le projet
  • Déroulement impératif pendant les heures de travail
  • Appui sur des technologies modernes d’information et de communication
  • Nécessité d’un mode opératoire strict, itératif, progressif et cadencé
  • Recours incontournable, en démarrage de projet, à une phase d’accoutumance des participants les uns aux autres sur le plan des pratiques et postures dont le savoir-être
  • Impulsion donnée par le chef d’entreprise en personne sur sa volonté de jouer la co-construction comme axe d’atteinte d’une performance double : celle de l’entreprise et celle du salarié.

La co-construction peut être une opportunité remarquable pour faire progresser l’entreprise, pour fidéliser les jeunes mais surtout pour combler le fossé qui se creuse entre les jeunes et les anciens car elle peut associer les générations dans cette approche.

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