MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

L'entreprise peut aider la France à se réinventer : Une fenêtre de tir existe, ne la laissons pas passer

Publié le 14 janvier 2013 à 15:10:10

La France va, aux dires de certains, dans le mur du fait de son incapacité à mettre en œuvre les bonnes réformes, du fait de sa résistance atavique au changement, du fait de son immobilisme social. Les imprécations et cris d’orfraies n’ont pas manqué ces derniers temps mais il est navrant de constater que la seule et unique victime en est, comme d’habitude, le salarié et le citoyen.

Le mal français réside dans sa culture réticulaire qui se symbolise par un corporatisme effréné, une appartenance viscérale à des clans, des écoles, des métiers, des communautés de pensée. L’exemple le plus choquant se situe à l’époque de l’après seconde guerre mondiale où le Conseil National de la Résistance, malgré le consensus né de la Libération, n’a pas réussi à imposer ses visions : un seul régime de retraite, un seul régime de sécurité sociale, une seule assurance contre le chômage. Les années suivantes ont vu fleurir les particularismes, les prés carrés, les avantages sociaux, mais pour quel bénéfice ? Chacun est plutôt performant dans son activité, son secteur, sa compétence mais la somme de 10 n ne fait jamais n+10.

Comme souvent, la France s’embarque sur des chimères utopistes, fait preuve d’une naïveté déconcertante pour se rallier, ensuite, au réalisme et accepter l’incontournable. Le corps social a certainement cru que la famille Peugeot devait être clouée au pilori (à l’exception toutefois de la majorité des salariés de PSA) comme il a pu croire que la nationalisation de Florange résoudrait l’avenir de ses salariés.

Ce même corps social a conscience, aujourd’hui, de l’obligation de changer et de faire évoluer ses représentations et certitudes. Il a besoin d’être accompagné et titillé d’autant plus que la productivité au travail d’un français est l’une des meilleurs du G20, supérieure à l’allemande et à la japonaise. Cela ne sert à rien de se battre, gré à gré et au rythme des particularismes sectoriels et locaux.

La lumière ne viendra pas des institutions politiques et éducatives, des remises en questions nécessaires qui sont encore à assumer, mais d’un collectif plus intime et appropriable qui est celui de l’entreprise. L’entreprise peut aider la France à se réinventer parce qu’elle-même est obligée de travailler son agilité et son adaptabilité. Elle répond à ses marchés, à la concurrence asiatique ou de pays émergents par une volonté de se remettre en question dans ses fondements. Pour ce faire, elle sait pouvoir s’appuyer sur ses jeunes en les associant à ses autres générations. Une fenêtre s’ouvrira de début 2013 à septembre 2013, encore faut-il le comprendre et s’en donner les moyens.

Les axes à travailler sont connus :

  • Mise en œuvre d’un processus de co-construction intergénérationnelle, inter-niveaux, inter-métiers sur l’agilité de l’entreprise
  • Construction d’un nouveau pacte social qui redéfinisse les droits – devoirs / devoirs – droits entre le salarié et l’entreprise
  • Volonté affirmée et argumentée d’envisager la pérennité de l’emploi en contrepartie d’efforts du corps social
  • Refondation du dialogue social en mixant exigence et bienveillance
  • Intégration accélérée des générations « Y » et « C » du fait de leur ouverture d’esprit et bonne posture
  • Courage à restructurer quand cela est crucial et avec la volonté de l’engagement formel dans les rebonds individuels et de l’entreprise.

Le français est ambivalent mais son potentiel d’implication existe. À ce jour, l’entreprise a les moyens de le faire réagir. La France doit l’imiter en sortant des combats idéologiques abscons.

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