MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

Le tout social agonise, bienvenue au social/sociétal garant de notre avenir

Publié le 05 septembre 2013 à 12:39:39

Nous ne sommes pas en crise comme en 2009, nous sommes à la fin d’un modèle de vie et d’entreprise, et à l’orée d’une ère que nous ne bâtirons pas seuls.

Le modèle du tout social a été porté par le mythe des Trente Glorieuses et aurait dû profiter de la chute du Mur de Berlin pour s’étendre en Europe Centrale, et de la mondialisation pour enthousiasmer les pays émergents. Le tout social désigne un paradigme où la contrainte est acceptée par ce qu’il y a un intérêt tangible au bout du chemin. Ces moments de foi en un avenir radieux ont été empreints de valeurs fondatrices fortes : mérite, patience, appartenance, autorégulation, productivisme, confiance… mais qu’en est-il aujourd’hui ? Qu’en est-il du mythe trompeur de la croissance ?

Le rapport au temps bouleverse nos perceptions

Le tout social et son florilège de croyances ne s’épanouissent que dans une vision étalée du temps et dans une projection sur le futur. C’est cette perspective qui conférait la confiance et qui donnait envie. Le temps est devenu minimaliste et s’égarer dans l’avenir n’apporte que méfiance et crainte. Nos enfants ne se risquent pas à imaginer leur lendemain car, d’une part, leurs parents leur promettent l’enfer et, d’autre part, ils ne voient pas l’intérêt d’être en perpétuelle agitation et frénésie de changement permanent. Ont-ils tort ? Se fourvoient-ils ? Manquent-ils d’ambition ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une forme de sagesse qui consiste à « cueillir le jour » pour le voir se lever, s’épanouir et donner naissance à un autre jour ?

La part de sociétal que chacun a en soi est une richesse autant collective qu’individuelle

Nous avons tous, au fond de nous, une petite lumière qui s’embrase au fil de nos plaisirs, passions, pulsions et personnalités. Ce fanal n’éclaire pas que notre chemin personnel, il illumine notre environnement, s’accroît au contact des autres et relie des individus aussi différents soient-ils.

Cette conviction se consolide sur du présent et du concret par des échanges, des réflexions partagées, des créations communes. Une fois aboutie et matérialisée, elle incite à aller plus loin, à franchir une étape et à se projeter vers les marches suivantes. La conviction individuelle est une racine qui relève de l’histoire de chacun, racine qui ne demande qu’à être protégée et reconnue pour grandir et donner naissance à une myriade, à un collectif identitaire.

L’entreprise, la ville, la nation lieront leur avenir à leur volonté et leur capacité à associer, par des liens faibles et forts, des personnalités non homophiliques dans des démarches de créativité, de valeur, de réinvention.

La question clé est de connaître et piloter le rapport social/sociétal d’une communauté pour augurer de son avenir.

Partager sur les réseaux sociaux

Article précédent Article suivant