MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

La parité hommes-femmes : soyons inégalitaires, parions sur les femmes

Publié le 02 décembre 2013 à 17:04:04

Une loi a été votée pour prôner la parité hommes-femmes et certains noircissent qu’il faut être discriminant et veiller à ce que les hommes ne soient pas avantagés par rapport aux femmes. La belle affaire ! Les sociologies des femmes et des hommes sont de plus en plus différentes et l’entreprise doit en tenir compte.

Mai 1968 aura, surtout, profité aux femmes dont les droits ont été enfin reconnus après des années d’errance et de discrimination. Françoise Dolto disait également que les hommes avaient abandonné l’éducation des enfants ce qui est à l’origine du côté désemparé des Générations X. Pour beaucoup, le fait d’évoquer cette différence sociologique revient à enfoncer une porte ouverte car les femmes restent les femmes et les hommes les hommes. Encore une fois, la belle affaire !

Qu’en est-il au niveau de la Génération 4 C ?

La Génération 4 C (C comme Connexion – C comme Communication – C comme Créativité – C comme Collaboration) est celle des jeunes qui ont actuellement entre 12 et 18 ans. Ils seront aux manettes dans les années 2030-2040 à une époque où les plus de 60 ans seront plus de 50% dans le monde (statistique 2013 de l’ONU). Il est donc primordial de bien connaître les sociologies de ces jeunes et la question s’est posée à moi de savoir s’il y avait une différence entre jeunes femmes et jeunes hommes et quelle était-elle.
Une enquête mondiale menée en 2011 comparait, dans 29 pays et auprès de 37000 jeunes, les attentes des jeunes femmes et des jeunes hommes. La question portait sur le type de loisirs consommés par ces jeunes. Les hommes évoquaient le sport et les jeux vidéo, et les femmes parlaient de mode, de culture, de cinéma, de théâtre. Le constat est certes convenu et peut apparaître facile. Il est renforcé par les malheurs subis par notre icône nationale Laure Manaudou. Au moment de l’affaire Merah, elle avait tweeté que cela devait arriver au vu de la prolifération des jeux vidéo guerriers et sanguinaires. Dans la seconde, son compte était saturé d’injures, de menaces de garçons qui étaient horrifiés car leurs valeurs étaient bafouées. Son avocat et conseil avait dû suspendre le compte.

La jeune femme est plus robuste et engagée mais sa rupture est moins prévisible

Il faut évoquer ce thème à l’aulne de jeunes qui veulent, fait semblable pour les jeunes du monde entier, fonder une famille et avoir des enfants.
La jeune femme française se concentre sur deux tranches d’âge pour avoir des enfants : soit la tranche de 21-23 ans, soit celle de 28-30 ans mais elle imagine avoir au moins deux enfants, chance par rapport à l’Allemagne en total déclin de natalité entraînant d’ici 10 ans un grand flux migratoire.
La jeune femme est très engagée, très impliquée et très robuste. Elle se veut peut-être parfaite voire trop parfaite par crainte d’être discriminée par anticipation. Elle veut prouver sa valeur d’où son appétence, son exigence, son sérieux. Elle applique à 100% la notion du contrat et des droits et devoirs. Une chance pour une entreprise qui renforce ses standards et ses processus pour améliorer sa performance. La jeune femme ne va pas discuter du bien-fondé du processus au nom d’une soi-disant liberté qu’elle sait ne pas exister. Elle va appliquer par conviction. L’atavisme qu’elle avait jusqu’ici subi, et qui l’a obligée à adopter des stratégies non guerrières et non frontales, facilite aujourd’hui l’application de l’exigence.
Le hiatus, et il faut l’anticiper, n’est évidemment pas celui de la maternité. Il est celui de la rupture spontanée et imprévue d’une femme qui se sent victime d’une injustice profonde. Le sentiment de ne pas être reconnue peut l’amener à fuir et à casser le contrat au détriment de son équilibre. Cela passe par un manque de reconnaissance salariale, par des attitudes machistes mais surtout par un défaut de considération verbale et non verbale : celui de la place de la femme dans le collectif de travail fait, très souvent, pour des hommes et par des hommes.

La féminisation d’une entreprise la rend plus sociétale

À l’heure où le tout social a cédé la place au social/sociétal, la femme est plus sociétale que l’homme au sens où sa position au sein de la vie sociale a toujours été questionnée, par les autres et par elle-même.
Le sociétal, au rythme des réseaux sociaux, va de plus en plus intégrer l’entreprise. C’est une opportunité à saisir car le sociétal, base de la coconstruction, va aider à réinventer l’entreprise.

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