MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

L'entreprise, mais c'est bien sûr

Publié le 06 février 2014 à 09:25:25

La conférence de presse du Président de la République et les commentaires afférents ont donné le sentiment que de très nombreuses personnes redécouvraient cette structure qu’est l’entreprise et lui conféraient des vertus.
Il est toutefois regrettable que le discours du Président ait été qualifié d’une appellation politique: social-démocrate ! L’entreprise n’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre… Elle est.

L’entreprise ne rebute pas les jeunes

Toutes les enquêtes menées auprès des jeunes, et plus précisément des 13-20 ans, démontrent que l’entreprise fait partie de leur référentiel. Elle a sa place dans leur avenir et ils savent qu’elle jalonnera leur vie.
Elle n’est pas décriée et les jeunes ne la vilipendent pas et ne font pas mention de patrons voyous. Leur mépris se porte plutôt sur les politiques et les journalistes.

Elle leur fait peur car ils pensent qu’elle sera très exigeante, ce qui, et c’est très intéressant, démontre que les parents et l’école ne le sont pas. L’entreprise est la réponse à leur deuxième motivation, après celle de fonder une famille, qui est d’avoir un métier qui plaît.

L’entreprise est un collectif qui identifie

L’identité d’un être humain repose sur un collectif qui lui confère de l’ADN. À ce titre, l’entreprise répond aux caractéristiques de tout collectif. Elle rassemble des personnes qui se fédèrent autour d’objectifs communs à atteindre, qui partagent des valeurs qui transcendent la personnalité, qui se font grandir les uns les autres, qui vivent une convivialité intéressante et qui ont envie parce qu’un leader les met sur le chemin par l’exemple qu’il donne.
L’entreprise est un collectif de cohérence au sens où elle permet de passer 7 heures, a minima, intelligentes et pertinentes au travail. Elle est une voie crédible au sein des autres collectifs dits de circonstance (les réseaux sociaux), d’appartenance (de pensée), de résistance (de révolte). Elle peut être un bon réceptacle dans une société qui se délite et qui a perdu ses repères.

L’entreprise n’est pas que sociale, elle est également sociétale

Il est réducteur de dire que le lien entre l’entreprise et le salarié n’est que social, c’est-à-dire basé sur la réciprocité et le contrat synallagmatique. L’entreprise mourra si elle ne sait pas entendre la dimension sociétale de ses collaborateurs à savoir leur conviction et le besoin affirmé d’exprimer leur personnalité.
Ce niveau sociétal est essentiellement d’essence collective. Il permettra à l’entreprise de se réinventer et d’être plus performante. Cela suppose que le chef d’entreprise ait la volonté de générer de la coconstruction, des moments et espaces où les salariés créent et innovent en dehors des structures hiérarchiques traditionnelles. L’entreprise de demain n’est pas un monde de totale liberté, ni d’indépendance, elle est un monde d’autonomie, de partage et de respect.

L’entreprise doit assumer sa responsabilité devant la société

L’entreprise possède des particularismes qui la distinguent des autres modèles de structure. Elle a la chance, certes méritée, d’être un exemple de sociabilité et d’engagement. Elle a la chance d’être un symbole culturel majeur.
Cette chance s’entretient et génère des responsabilités. L’entreprise ne peut pas se plaindre et se sentir continuellement victimisée. Un chef d’entreprise a la chance d’exister par le risque qu’il prend. Il peut souffrir mais il existe. L’entreprise se doit de vivre avec son environnement et de remplir un rôle sociétal. Elle doit travailler à intégrer les jeunes, elle doit travailler à développer les individus, elle doit travailler à valoriser le cadre de vie. Elle doit travailler à relier les générations entre elles.

L’entreprise… c’est bien… c’est sûr !

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