MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

Demain : évolution, révolution ?

Publié le 27 octobre 2014 à 10:21:21

2014 aura été une année intéressante puisque j’ai eu l’occasion de fêter mes 60 ans d’âge et mes 30 ans de carrière de consultant RH. La nostalgie n’est pas de mise mais un focus sur la période passée peut permettre de se poser des questions sur les 30 ans à venir.

Les années 1980 auront vu une crise économique s’installer et les chocs pétroliers mettre à mal l’univers immuable des Trente Glorieuses et la notion d’ascenseur social qui en résultait. Ces mêmes années 1980 auront été marquées par la chute du Mur de Berlin, la fin de la guerre froide et ce que nous pouvions espérer être le début d’une nouvelle ère de relations sociales. En 2014, qu’est-il advenu de ces bouleversements et quelles évolutions ou révolutions aura vécues la planète RH ?

La véritable révolution aura été celle des techniques d’information et de communication

L’explosion d’Internet et l’émergence majeure des réseaux sociaux auront profondément marqué la relation entre les générations. Le lien intergénérationnel fondateur était la transmission de l’information des aînés vers les plus jeunes. Cette transmission, empreinte parfois de rétention, scellait les composantes du respect et de l’autorité et structurait le pouvoir des anciens. Internet a cassé ce lien du fait que tout le monde peut avoir accès à la même information, en même temps et ce n’importe où dans le monde.

Les réseaux sociaux, tant décriés voire méprisés, ont en effet sublimé une communication débridée, sans retenue, impudique. Ils ont fragilisé l’autorégulation que des générations de parents se sont efforcées d’inculquer à leurs enfants : la capacité à réfléchir avant de s’exprimer ou d’agir, à peser le pour et le contre, à relativiser les ressentis et émotions. Ils sont, toutefois, à l’origine d’un nouveau capital qui permet à l’être humain de se différencier et d’exister : le capital social plus accessible que le capital économique et le capital culturel, d’essence homophilique : « qui se ressemble, s’assemble ».

Le besoin de valeurs nouvelles imprimera les 30 ans à venir

L’innovation, la créativité continueront de se développer à une vitesse vertigineuse et des révolutions sont à attendre en matière de design, médecine, habitat, transport, domotique. Il s’avère, cependant, qu’elles individualiseront le relationnel car l’être humain sera de plus en plus autonome et aura moins besoin des autres et de l’entraide pour survivre. Cette individualisation l’isolera de plus en plus et le fragilisera car ses paradigmes sociologiques n’auront pas crû à la même vitesse.

Le lien culturel transmis par les parents, transmis par celui qui a du recul sur son histoire ou l’histoire, est la donnée essentielle d’un monde qui surmontera, de ce fait, les guerres, les extrémismes, l’intolérance, la haine. La belle histoire confère du sens et de l’envie. Elle facilite les échanges et l’apprentissage réciproque. Elle cimente le collectif, donnée majeure de l’ADN d’un être humain. Le lien culturel ne se trouve pas que dans les musées, galeries, émissions, livres, réunions familiales, associations. Le lien culturel se déploie dans l’entreprise au niveau de la posture du dirigeant, dans les pratiques managériales, dans la politique RH. De nombreuses évolutions ont eu lieu car des anciens ou des sages ont su s’adapter aux événements, turbulences, catastrophes. Ils se sont appuyés sur le lien culturel, ferment de leur identité et ont su l’enrichir.

 

Ma vision des trente prochaines années est sereine car, d’une part, la technologie nous facilitera la vie et effacera les frontières entre les hommes et, d’autre part, sous réserve de le vouloir, notre propre identité se renforcera autour de valeurs et repères nouveaux.

Les ressources humaines deviendront de véritables ressources si chacun d’entre nous parvient à mixer le capital économique, le capital culturel, le capital social pour en faire le capital humain.

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