MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

La réforme du droit du travail : l'essentiel est-il là ?

Publié le 12 avril 2016 à 12:24:24

La France des dogmes et diktats de pensée s’agite, de façon brownienne, sur ce véritable serpent de mer : cette réforme envisagée est-elle connotée à droite et trahit-elle les valeurs de la gauche et des salariés ? Il est logique et sain que les syndicats soient interpellés et montent au créneau mais pour quelle résultante ?

Où est la réalité des entreprises qui sont les forces vives de notre pays ?

Les forces vives ne sont pas que les grandes entreprises, multinationales, conglomérats dont les fluctuations inquiètent et dont l’apparent cynisme émeut. Les forces vives sont la multitude de PME-PMI installées en région qui exportent massivement, se développent et innovent. J’en rencontre des centaines lors de mes conférences sur les nouvelles générations pour le compte de l’APM (Association Progrès du Management). Ce thème est plébiscité, ce qui est la preuve qu’elles embauchent et prennent des risques.
Il est vrai qu’elles se plaignent de lourdeurs administratives dues à une multitude de sujets autres que le droit du travail : urbanisme, environnement, banques, exportation... Le discours porte, par atavisme, sur la difficulté à se séparer de quelqu’un qui ne ferait pas l’affaire d’où la frilosité à embaucher. Est-ce totalement réel et n’est-ce pas devenu une posture ? Des entreprises embauchent directement en CDI sans période d’essai !
Je pense que le dialogue social et la difficulté à le faire évoluer et grandir sont plus des freins puissants que le simple code du travail. L’avenir est à la négociation collective en entreprise sous réserve que tous les acteurs en aient conscience et jouent le jeu. Cela vaut pour les syndicats et les entreprises qui doivent apprendre à sortir de leurs référentiels nationaux et partisans. La solution n’est-elle pas dans une logique de dialogue social au niveau de la nouvelle région ?

Ne devons-nous pas nous battre pour réanimer et faire vivre l’apprentissage ?

Le chômage des jeunes est d’environ 23% en France alors qu’il est de 10% en Autriche, Allemagne, pays scandinaves. La différence s’explique par l’apprentissage qui est un objectif de société dans ces pays.
Il est encadré et est considéré comme incontournable et obligatoire tant vis-à-vis des entreprises que des jeunes et des parents.
L’apprentissage est un réel paradigme qui fonde le travail et la vie en société. En France, il reste un vœu pieu voire une contrainte doublée d’une totale inefficacité. Tout le monde s’accorde pour dire que c’est la meilleure façon d’intégrer les jeunes dans l’entreprise mais, au final, peu d’apprentis ou d’alternants sont embauchés : la faute à qui ? Les parents, notre système éducatif et universitaire, l’état, les syndicats, les entreprises ? Je ne vois pas grand monde en faire un sujet de dialogue social sauf à savoir dans quel collège électoral mettre les apprentis!

Une réforme du code du travail pourrait, certes, apporter de la flexibilité et de la souplesse. Ce n’est pas suffisant pour régénérer une entreprise et lui reconférer de l’envie et du dynamisme. Il faut un réel projet d’avenir issu d’une vision commune, d’un contrat de réussite et d’une confiance manifestée à ce qui fait la richesse de l’entreprise : son management et ses salariés.

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