MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

L’autorité managériale : Urbi et Orbi ? Non, Exigence et Bienveillance

Publié le 23 novembre 2016 à 10:39:39

Les papes du mangement que sont les grands consultants, les grands patrons de multinationales, les écrivains en herbe du management nous abreuvent de leurs concepts : entreprise libérée, digital, 4.0, leadership situationnel, amour de son prochain... Habemus Papam(ae) !

Je considère, et vous en serez triste et affligé, que le management n’a pas connu de grande révolution. Il reste axé sur la meilleure mise en œuvre du contrat de travail qui lie l’entreprise et le salarié. Il y aura toujours un deal et une réciprocité que le contrat relève du CDI, du CDD, de l’intérim, du jobing, de l’ubérisation !
Le deal se doit d’être équitable qu’il soit empreint de donnant-donnant ou de gagnant-gagnant.
L’enjeu est celui, non pas du dialogue social, mais du pacte social, de ce lien organique en vigueur à Athènes et à Rome mais également à Gaza, à Kaboul, au fin fond de l’Amazonie.

Nous avons deux mamelles : exigence et bienveillance

Cette association idyllique est difficile à réaliser pour une mentalité française. Nous sommes, par choix personnel ou confort, très bienveillant et donc laxistes et très exigeants et donc autoritaristes. Nous ne savons pas équilibrer et doser. Les jeunes des générations Y et 4 C parlent de respect (« on ne nous respecte pas »). Ils disent que l’entreprise leur apparaît immensément exigeante. Ils reconnaissent quand ils sont poussés dans leurs retranchements que cela signifie que leurs parents et leurs professeurs ne le sont pas, exigeants !
L’exigence est effectivement une marque évidente de respect au sens où elle signifie que le collaborateur a de réelles capacités et que le manager a confiance en lui pour atteindre ses objectifs.
La bienveillance est effectivement une marque de respect au sens où elle signifie que le manager se met à la portée du collaborateur, qu’il s’efforce de le comprendre, qu’il reconnaît le droit à l’erreur et qu’il l’aime.

L’exigence et la bienveillance nécessitent des rituels plus que des intentions

Ce binôme comportemental ne peut pas se résumer à une déclaration d’intention. Il nécessite que le manager modifie et contrôle ses propres paradigmes, soit la représentation qu’il a de lui-même, de l’autre et de son rôle. La mise en œuvre suppose qu’il y ait une permanence de la préparation, du feedback, de la mesure et de la retenue.
Le rituel dans sa dimension d’acte repérable et répétable est la transcription adéquate de cette maîtrise de l’émotionnel au profit du raisonnement et du sentiment.
L’exigence et la bienveillance sont nos sources de progrès et de bien-être au travail. Il n’y a pas de loi du genre : L’une n’est pas l’une et réciproquement.

Récitez-moi deux « Exigence » et « Bienveillance » mes filles et mes fils !

© fotogestoeber

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