MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

La parole n'est plus d'or

Publié le 19 juillet 2017 à 11:48:48

Notre environnement s’est accéléré au rythme des techniques nouvelles de communication. La parole s’est libérée et est devenue de plus en plus volatile et versatile. Tout se dit sans limites ni retenues ! Les parents, les citoyens sont déstabilisés et choqués. La partie d’entre eux qui sont managers rêvait que l’entreprise soit protégée. Que nenni !

La technologie a modifié le contexte

Une étude menée par des linguistes en 2015 a démontré que les outils modernes (tweets, blog, texto, réseau social) n’avaient en rien amoindri le lien social. Ce lien social s’est au contraire développé même s’il est d’abord virtuel. En revanche, ils ont diminué le champ sémantique, ce qui revient à restreindre l’espace d’expression et donc à réduire le nombre de mots utilisés.
Il en résulte que les mots exploités sont plus intenses et plus forts de façon à ce que le message passe. Nous vivons des mots « visuels », lourds de sens et souvent perçus comme agressifs.
Des vérités définitives semblent être dites, ce qui affaiblit le dialogue, crée des tensions et désespère.
À cela s’ajoute le fait que notre culture consistant à comprendre sans qu’on nous le dise, à ne pas exprimer n’importe quoi, n’est plus aussi spontanée. L’autorégulation atavique et civique a volé en éclats au gré des réseaux sociaux et nouvelles formes de communication.

Le leadership de la parole est à reconstruire

La seule autorité acceptable est l’autorité consentie, à savoir l’autorité que les autres nous confèrent. Elle est empreinte de compétences reconnues et de personnalité affirmée. Cela nécessite que ces composantes soient exprimées et connues. La parole redevient un outil relationnel de premier plan. Elle vaut pour les parents, les professeurs, les managers.
La parole doit véhiculer de l’empathie et de soit d’être pugnace, convaincante, persévérante.
La parole s’épanouit dans la contradiction, le débat, la confrontation. Elle est faite d’arguments, de dialectique, d’échanges, de temps. Un leader de parole donne envie de le suivre parce qu’il sait défendre son point de vue, parce qu’il monte au combat des idées, parce qu’il est intéressant et crédible.
Aristote a défini le triangle de la conviction :

Dans notre environnement excessivement fluide, le repère est celui qui réussit ces trois connexions : de la parole robuste, de la réputation perceptible, de l’émotion et du sentiment.

Celui qui ne dit mot ne consent pas forcément !

Alors, exerçons-nous et formons-nous à être des leaders de parole !

Illustrations : ADEIOS Consulting, © Complot

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