MANAGEMENT & SOCIOLOGIE

Le CSE, le steeple-chase social

Publié le 17 juillet 2019 à 09:07:07

Le Ministère annonce que douze-mille entreprises auraient mis en œuvre la nouvelle instance et qu’il en resterait vingt-mille d’ici l’échéance du 31/12/2019.
Les refus d’obstacles se multiplient et certaines haies sont dignes des meilleures chausse-trappes.

CSE steeple-chase social ordinances Macron

Mon retex sur la motivation réelle des acteurs : directions et partenaires

À l’origine, l’esprit des ordonnances Macron était de simplifier la représentation du personnel et de bonifier le dialogue social.
Dans un premier temps, les entreprises ont constaté qu’elles pourraient peut-être faire de grosses économies d’élus et d’heures de délégation. Les organisations syndicales ont rappelé qu’aucune d’entre elles n’avait demandé quoi que ce soit au Président Macron et se sont dit qu’elles freineraient un maximum.
Dans les faits, des entreprises y sont allées tôt pour profiter de l’inexpérience et d’autres ont repoussé « le tas de sable » le plus tard possible.
La tendance est ambivalente au gré des historiques d’entreprises et de l’expertise des RH. Des acteurs entreprises se disent qu’il y a opportunité à changer de monde, à faire reset et à reconstruire un nouveau dialogue social. Ils ne sont pas extrêmes quant aux statuts en sièges et en heures. Ils déploient systématiquement la CSSCT. Ils optent pour des représentants de proximité en situation de secteurs disséminés et ne prennent pas les suppléants en réunion. Les acteurs renforcent les secrétaires de CSE et s’efforcent d’attirer du sang neuf et des nouvelles vocations.
D’autres acteurs rejoignent les partenaires sociaux et par frilosité, peur du clash, manque d’expérience, reconduisent, parfois inconsciemment, l’ancien système : « Tout change mais rien ne change ! ». Cette orientation se vérifie souvent au niveau de la CSSCT qui ressemble au CHSCT : exemple du secrétaire et non du rapporteur.

Mon retex sur le fonctionnement des premiers CSE

Nous avons accompagné et accompagnons une cinquantaine d’entreprises, des très grosses à des sociétés de moyenne taille et de toutes activités. Les points sensibles ou merveilleux sont récurrents :

  • Une petite répétition de gestes de mauvaise humeur des OS : pas d’accord signé – blocage du PAP ou signature minoritaire
  • Absence de candidats aux postes de secrétaire et trésorier – casse-tête de la mutualisation des heures de délégation  – tensions sur le règlement intérieur – déversoir des ex questions DP en réunion de CSE – réunions à rallonge...
  • La place accordée aux ex questions DP et la façon ou pas de les traiter
  • Le sujet plus sensible que prévu de la présence des suppléants
  • La commission à structurer entre CSSCT et CSE
  • La gestion des heures de délégation
  • Le rôle plus important dévolu au secrétaire du CSE
  • L’autonomie de fait plus grande que le CSE peut se générer vis-à-vis des syndicats
  • La valorisation vis-à-vis des salariés de cette représentation qu’ils ont élue en toute connaissance de cause
  • L’action de faire tomber, de facto, tous les accords et usages dont bénéficient les élus des trois instances postérieures.

Je suis totalement convaincu que le CSE est une opportunité extraordinaire pour les entreprises et les salariés dans la mesure où il restaure un corps intermédiaire légitime, choisi, visible et productif.
Tout dépend du jockey... et de l’entraîneur !

Illustration © kmlmtz66

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