EMPLOIS & PERSPECTIVES

La paix semble être de mise

Publié le 14 novembre 2017 à 12:29:29

Ma chronique du 8 septembre 2017 évoquait le dilemme entre la guerre et la paix au sujet de la mise en œuvre des ordonnances réformant le code du travail. Elles ont été signées le 22 septembre et nous avons un peu de recul sur les premières réactions.

Des actions ont été menées par différents acteurs sociaux sans que la guerre soit la réalité et que le climat social soit à feu et à sang.

La paix va nous permettre de construire

Chacun est en mesure d’avoir un avis sur les réactions des organisations syndicales et celles des politiques. Certains vont retenir que Jean-Claude Mailly est fragilisé et que FO se déchire. Mais est-ce nouveau ? D’autres vont considérer que l’accord signé au sein de la branche du transport est un tour de passe-passe qui ouvre la boîte de Pandore. Jean-Luc Mélenchon fait fantasmer et ses Insoumis nous rappellent notre jeunesse et notre rébellion. L’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans notre capacité à construire l’avenir et à nous emparer vertueusement du sujet du dialogue social. Il y aura encore des tractations pour aboutir aux fameux décrets tant attendus.

Les pronostics vont bon train quant au nombre de représentants, aux moyens, aux heures de délégation. L’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans notre volonté de faire évoluer les paradigmes et notre représentation de ce que doit être la relation sociale.

J’ai l’impression parfois que la France ne s’est jamais remis de la Révolution de 1789, ni de la Libération de 1945. Notre relation sociale est restée manichéenne avec les bons et les méchants. Notre stratégie a été celle des alliés, terme très connoté guerre et combat.

Alors guerre ou paix ? Je dis paix !

Nous avons une réelle opportunité, par la mise en place du CSE au 1er janvier 2020 au plus tard, de rebâtir un champ de relations sociales basées sur l’exigence du résultat escompté et sur la bienveillance de l’écoute et de l’empathie.

Nous avons deux années (2018 et 2019) pour nous y préparer et co-construire. Nous pouvons nous libérer de nos lourdeurs, a priori, procès d’intention, mesquineries.

Il nous faut vouloir et agir, ce qui va d ‘abord se matérialiser par une attention accrue portée aux élections professionnelles parce que nous voterons tous en 2018 ou 2019. Il nous faudra faire émerger des compétences. Il nous faudra avoir un agenda social ambitieux. Il nous faudra impliquer les salariés. Il nous faudra installer le cercle vertueux : « ce qui est bien pour l’entreprise est bien pour les salariés. Ce qui est bien pour les salariés est bien pour l’entreprise ». Le social libéré !

Une telle libération est indispensable pour que l’entreprise puisse se libérer. Pour y parvenir, tous les acteurs sont concernés et doivent s’impliquer en acceptant de s’auto-définir des champs d’échange physiques, temporels où la symbolique incite à se poser et à uniformiser les statuts et les pouvoirs. Un social libéré car décomplexé !

Illustration : © rms164

Partager sur les réseaux sociaux

Article précédent