EMPLOIS & PERSPECTIVES

Le DRH est l'acteur clé de demain

Publié le 28 octobre 2013 à 12:12:12

J’ai eu le grand plaisir de lire le livre publié par Jean-Luc Vergne, « Itinéraire d’un DRH gâté » paru aux éditions Eyrolles. J’ai rencontré l’auteur que j’avais eu l’occasion de côtoyer il y a quelques années. Jean-Luc Vergne a été un DRH emblématique de par les entreprises où il a exercé. Son témoignage est passionnant car il est emprunt de passion, d’humilité et surtout de convictions. Ce sont ces convictions dont les entreprises auront impérativement besoin pour relever les défis, les leurs et surtout ceux de notre société.

La fonction de DRH a été décriée et il a semblé que son pouvoir déclinait au fil de l’orientation financière des entreprises et de l’introduction de démarches « pyramides inversées » comme le Lean manufacturing. À ce sujet, Jean-Luc Vergne dit qu’il a été très réticent au démarrage de ce projet et qu’il en a accepté les objectifs et modalités dans la mesure où le but n’était pas de supprimer des emplois. Un emploi que des DRH ressentent comme être contraints de le diminuer de façon récurrente et massive d’où un autre témoignage récent, plus pessimiste et alarmiste.

Le DRH doit s’atteler à protéger l’emploi et notamment en France

La perte des emplois, particulièrement industriels et les localisations « low cost » ne sont ni des vérités définitives ni des fatalités incontournables. Une étude menée en 2012 par un observatoire public britannique constatait que le salarié français était l’un des plus productifs au monde et ce sont des britanniques qui le disaient !

Le DRH a de véritables leviers à sa disposition bien au-delà de leur dimension obligatoire et médiatique : une réelle GPEC qui ne serait pas que cosmétique mais plutôt un outil de pilotage de l’entreprise destiné à la réinventer, un pacte social novateur à imaginer entre l’entreprise et ses salariés, autant de sujets qui ont impérativement besoin d’une refondation du dialogue social. Ce sujet n’est pas une finalité en soi, ni le domaine du seul DRH. Celui-ci en est le pilote mais limiter son action à ce seul domaine est réducteur.

Le DRH est le chantre de la co-construction et du renouveau

Un DRH a pour mission d’ouvrir son comité de direction et son président à de nouvelles visions du management de l’entreprise et de sa gouvernance. Apprendre à conduire le changement est un mode de réaction une fois qu’une décision est prise et que ses effets sont redoutés. Au-delà du social, il y a le sociétal ; au-delà de l’organisation, il ya la sociologie ; au-delà du statut, il y a les convictions ; au-delà du financier, il y a l’envie. Les dirigeants d’une entreprise ont besoin de s’ouvrir aux idées, aux concepts, au capital social sans se limiter à un seul développement personnel. Cette progression peut se faire au sein de l’entreprise et au sein d’un collectif de dirigeants dont le DRH est le pivot.

Une forme actuelle d’ouverture est la co-construction, ce principe de création de nouvelles valeurs entrepreneuriales. La co-construction est basée sur le principe des réseaux sociaux et de liens faibles qui deviendront forts pour le bonheur de l’entreprise et des salariés. La co-construction c’est la page blanche, c’est le brassage des niveaux, des métiers, des âges, des origines, la co-construction c’est aborder ce qui fonctionne bien et non ce qui pose problème.

Comme l’a vécu Jean-Luc Vergne, le DRH est bien le n°2 de l’entreprise.

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