EMPLOIS & PERSPECTIVES

Merci Madame Kübler-Ross !

Publié le 04 mai 2020 à 11:00:00

Depuis de très nombreuses années, j’utilise le modèle de cette personnalité helvético-américaine qui a été fortement décriée, mais qui reste une icône. Je le pratique sous l’appellation simple de diagramme des ressentis dans le cadre de transformations. J’ai profité de ce moment présent de retour sur soi pour revenir aux sources et m’en réapproprier les enseignements.

Anticiper le changement

Les quatre premières étapes se vérifient

Une fois l’annonce faite par le Président de la République du confinement, nous avons pu déceler dans notre environnement des variations fortes de l’énergie et de la satisfaction :

  • Refus de comprendre : « Ce n’est qu’une grippe, cela ne concerne que les personnes fragilisées, c’est la Chine… »
  • Résistance : « Ils n’ont pas agi au bon moment, ils m’obligent à travailler, je dois sortir »
  • Décompression : « Ça ne baisse pas, je m’ennuie, ça va être long… »
  • Résignation : « On ne s’en sortira pas, l’économie va plonger, j’avais prévu plein de choses… ».

J’ai vécu, moi-même, ces moments avec beaucoup d’intensité et d’émotion. Je n’avais pas intériorisé ce type de ressentis depuis très longtemps, alors que je les explique aux entreprises et aux salariés. Mon objectif n’est pas de qualifier le « choc » vécu mais de dessiner une relative logique dans la succession des représentations que chacun d’entre nous ressent et vit.

La cinquième étape dépend de nous

Intégration : le changement est accepté comme tel et il n’y a plus de nostalgie…

À l’issue de cette période unique de notre vie, les données changeront et devront changer tant pour les êtres humains que pour les entreprises. Le retour à la vie « normale » va conférer de l’envie et de l’énergie. Il y a pourtant un risque d’emballement, d’impulsions hétérogènes et contre-productives.

Certains devront quitter la solitude physique du télétravail pour retrouver le tumulte des lieux collectifs. Nous devrons réinventer notre vision du monde qui nous entoure et revenir à de véritables valeurs.

L’entreprise va repartir à la conquête de sa croissance et de sa performance et, pour ce faire, son salut passe dans la notion de collectif et de communauté : communauté de valeur, de partage, d’objectif. Cette communauté sera à construire avec tous les acteurs dont, obligatoirement, les clients dans une réelle symétrie des intentions.

L’enjeu du rebond, aussi difficile soit-il, réside dans notre capacité à se convaincre de cette ultime phase et à l’anticiper dans nos postures d’abord, puis dans nos pratiques.

 

Illustration © Adobe Stock

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